KHETTARA UN SYSTEME TRADITIONNEL DE MOBILISATION DES EAUX

La khettara est un système ancestral de mobilisation des eaux souterraines. C'est une galerie drainante anemant par gravité l'eau de la nappe phréatique à la surface du sol à des fins d'irrigation et d'eau potable. Cette technique ancienne, de première apparition en Iran, a été introduite au Maroc par les arabes lors de leur conquête au Maghreb. Ces drains sont connus sous différentes appélation. En Afghanistan ils sont appelés "Kiraz", en Iran   on les appelles " Quanat", en Algérie on les nommes "Fouggara" et au Maroc on les appelles "Khettara".

Dans la zone d'action de l'ORMVA du Tafilalet, le nombre de Khettaras est de 570 d'une longueur taolale de 2.900 Km. Actuellement moins de 250 Khettaras sont fonctionnelles.


KHETTARA schématisée

Photo: KHETTARA


1. Caractéristiques de la Khettara:

Elle est composée d'une partie drainante; constituée d'une galerie qui assure le drainage et le captage des eaux. Une partie adductrice assurant le transport des eaux drainées vers le périmètre d'irrigation, une tête morte acheminant l'eau vers les parcelles via des canaux alimentant les prises appelées localement "Mesraf". La longueur d'une Khettara est variable de quelques centaines de mètres à une vingtaine de kilomètre. Ceci est fonction du gradient hydraulique, de la pente du sol et du niveau piézométrique de la nappe. La largeur de la galerie est dimensionnée de manière à permettre le curage et le nettoyage manuellement. Quant à la profondeur des puisards en tête, elle varie entre 10 à 20 m. La distance entre deux puisards consécutifs est fonction de la stabilité des terrains traversés, elle varie entre 10 et 25 m. Les débits sont certes différents selon les zones. Ils oscillent entre 2 à 20l/s.


2. Procédé de construction:

Généralement les travaux commencent à l'aval, la côte de départ est dictée par le niveau des parcelles situées à l'amont du périmètre. A partir de la tête morte, les travaux commencent par l'exécution d'un canal à ciel ouvert, qui prend la forme d'une galerie une fois la masse des débris devenue importante, l'exécution de la galerie se fait simultanément dans les deux sens.  Les ouvriers procèdent au creusement de cette galerie à partir de la tranchée en allant contre le sens de l'écoulement des eaux, d'autres entament les travaux à l'autre bout, à partir d'un puit exécuté à une vingtaine de mètres de la tête de la tranchée en allant dans le sen de l'écoulement des eaux. Le même procédé se répète entre deux puits consécutifs, jusqu'à l'exécution totale de la galerie. il est à noter que les débris sont évacués à partir des puits au fur et à mesure de l'avancement des travaux.


3. Gestion des eaux de la khettara:

La gestion des eaux des Khettaras obéit à des normes coutumières de répartition appelées "droit d'eau"; c'est le volume des travaux fournis par usager lors de l'édification de la Khettara. Ce volume de travail est converti en parts , dont l'unité est appelée "Frida"; correspondant à 12 heures d'irrigation durant laquelle le ou les propriétaires; détenteurs de parts bénéficient de la totalité du débit de la khettara. Ce sont ces règles qui continuent à régir actuellement la fourniture des prestations d'entretien et de la maintenance de la ressource en question.


4. Amélioration des performance des khettaras:

Comme nous l'avons avancé la khettara est un patrimoine ancestral, ainsi il s'impose sa préservation et son sauvegarde. ceci constitue l'une des composantes des programmes d'aménagement développés par l'ORMVA du Tafilalet en matière de mobilisation des eaux souterraines. L'aménagement d'une Khettara comporte une multitude d'opérations dont les principales sont: